billet d'humeur

Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 09:12

Envisagerait-on d'accuser Victor Hugo de mauvais traitement sur mineur pour avoir imaginé Cosette?
Dans un registre plus autobiographique, les Essais ne seraient-t-ils pas suspects, scrogneugneu!, d'apologie de relations masculines ambiguës?  Brûlerait-on l'origine du monde au motif que c'est un tableau exhibitionniste? Et  n'évoquons même pas le Divin Marquis.

Ridicule n'est-ce-pas? Voire...

Aujourd'hui, on condamne Frédéric Mitterrand au prétexte du contenu de son livre: La Mauvaise Vie?

La liberté d'expression est un acquis: Les artistes, les penseurs, et même quelques politiques, en firent, souvent douloureusement, la conquête depuis deux mille ans. Cette lutte est indissociable de l'invention de l'écriture, de l'alphabet puis de l'imprimerie et de leur  forme intellectuelle: la littérature.

Le récit autobiographique est un genre littéraire. L'ouvrage est une création artistique quelles que soient les opinions qui s'y  expriment, et la liberté d'expression est un principe démocratique et humaniste: Le ministre ne devrait  donc pas être critiqué pour sa production d'écrivain.

L'intérêt que l'on trouve à la lecture, et plus généralement à la fréquentation  des oeuvres d'art véritables, tient justement, pour une part, à leur transgression des formes et des idées communément admises. La réprobation, l'abomination parfois,  des scènes évoquées ou des techniques d'écriture expérimentées,  expliquent paradoxalement le plaisir de leur commerce.

"Cette idée est trop vilaine, il me la faut!" pourrait dire notre lecteur éclairé.

De nos jour sévit surtout la pensée unique, contraire absolu de ce DonJuanisme fécond. Méfions nous de la résurgence de l'obscurantisme  et prenons garde de ne pas alimenter sous prétexte de principes moraux, la marche radieuse du conformisme.

Condamnons donc le ministre pour avoir contesté un principe démocratique: celui de l'égalité du citoyen devant la loi, mais, de grâce,.... sauvons Dom Juan!

Jipéelle




Par jipéelle - Publié dans : billet d'humeur - Communauté : Réformer la France
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 11:02

PHASE 2

L'affaire est donc sérieuse:
Se multiplient alors les incidents, les accidents, les incendies, les manifestations les images enfin, sans lesquelles aucun fait n'accède de nos jours à la conscience. 

Associations, comités de soutien se créent  ou se saisissent du sujet, dénoncent le scandale humanitaire, les dysfonctionnements collectifs, les drames individuels,  non sans raison d'ailleurs. Toutefois les analyses qui en sont faites  demeurent  plutôt compassionnelles. La recherche du sensationnel, la quête du médiatique, l'apparente évidence des rapports de force aveuglent la raison... Les photos produisent des clichés!

Inadéquation entre offre et demande de logements locatifs: c'est patent. Peut-on réduire la demande?: guère! Il faut donc augmenter l'offre. Le logement social, largement engorgé par certains locataires qui devraient avoir libéré les HLM, compte tenu de l'aisance de leur situation financière, ne peut faire face en dégageant des logements existant, ni en en créant suffisamment d'autres, faute de moyens financiers.

Pour être juste il faut admettre qu'un certain effort est entrepris dans cette voie avec la création de surloyers pour les locataires HLM trop aisés, et l'obligation  faîte à toute commune de se doter d'un quota de logements sociaux. Mais le collectif est incapable de faire face à l'addition des besoins individuels, quantitatis et qualitatifs.

Augmenter l'offre individuelle: Il faut s'y résigner! Dur pour nos politiques qui acceptent mal de voir un besoin social aussi général et primal que le logement échapper à leur champ de décision. Sans aucun succès les professionnels du secteur et les associations de bailleurs privés cherchent à faire entendre la voix des "offreurs": Les conditions objectives de fonctionnement dissuadent les bailleurs, actuels ou potentiels,  de s'engager plus avant, d'acquérir plus de biens immobiliers, anciens ou neufs, pour les affecter à la location et augmenter ainsi l'offre. Pour employer une expression actuelle: le business-modèle n'est pas valide dans les conditions actuelles, et ce malgré les incitations fiscales proposées. 

Pourquoi de telles conditions: Une bonne fois (foi ?)  pour toute les propriétaires et leurs mandataires sont réputés suspects: ils profitent de la détresse des plus fragiles: Ils sont définitivement insensibles à la compassion, à la morale, n'ont aucune éthique professionnelle.

Les religions, jadis, réprouvaient le prêt d'argent contre  intérêt, notre croyance, aujourd'hui exècre la location immobilière contre loyer. Ce n'est pas déclaré mais, dans la sphère subliminale, cela fonctionne ainsi. D'ailleurs la Ministre qui portera l'inquisition dans cette moderne hérésie ne se revendique-t-elle pas ouvertement d'une obédience religieuse?

Malheur dans le passé aux acteurs du prêt à intérêt! Malheur pour l'avenir aux acteurs de la location immobilière!

C'est l'avis d'un pessimiste.

L'optimiste fera remarquer qu'en libéralisant l'offre de crédit, à partir du  dix-neuvième siècle, une formidable vague de croissance et de progrès déferla sur les économies "raisonnables", pour le plus grand profit....de chacun.

Suffirait-il donc de s'affranchir du "religieux" dans le logement,  pour la plus grande satisfaction de.....tous?

fin de la phase 2

Jipéelle

Par jipéelle - Publié dans : billet d'humeur - Communauté : Réformer la France
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 05:32

Nationaliser la gestion du parc des logements locatifs privés: voilà tout simplement l'objectif, non déclaré bien entendu, de Madame BOUTIN et de sa loi éponyme.

Le processus est simple et hélas souvent le même:
 -phase 1: Durant de très longues années les pouvoirs publics, de tous bords politiques, laissent "pourrir" un problème d'envergure nationale, aux enjeux sociétaux majeurs.
 -phase 2: Les conséquences du pourrissement deviennent de plus en plus  dramatiques et  médiatisées afin de rendre la situation insoutenable aux yeux de l'opinion,
-phase 3: Le gouvernement déclare "se devoir de réagir, etc, etc.....!"
-phase 4: Dura lex: la loi tombe, sanctifiant dans ses principes l'idéologie cause du problème au lieu de chercher à inverser la tendance, créant une main mise de l'administration sur la sphère du privé, générant de nouveaux coûts sociaux à la charges des contribuables, entretenant, pour l'avenir la certitude d'une pénurie accrue.

Revenons en détail sur chacune de ces 4 phases:
PHASE UN:
En question: le Logement:. voilà effectivement un enjeu majeur. Le souci de son habitat, avec celui de sa nourriture et de sa sécurité est un besoin basique, propre au français, à l'humain, à l' animal et même à tout être vivant. Excellent sujet, donc, pour y exercer la "Régal politique".
Créons donc, ou entretenons donc un problème. Tiens, tiens!...Les ménages les plus défavorisés et les jeunes auraient du mal à se loger. Le malaise se traduit pour eux par une pénurie de l'offre et par un renchérissement du produit. Faute d'acheter leur logement ils se tournent vers la location.

Les propriétaires bailleurs, qui disposent encore lors de cette phase1 du droit de contracter ou de ne pas contracter, exercent leur libre choix et préfèrent les dossiers solides aux dossiers douteux ou insolvables. Les propriétaires exigent que leur loyer soit payé, mais souhaitent aussi que le logement soit bien utilisé pour éviter les débours de remise en état, les mises en cause par la copropriété, les voisins voire les pouvoirs publics eux-même. Le rendement d'un placement locatif est faible (environ 5% brut avant impôts, travaux, frais de procédure et aléas divers), la prudence est donc de mise.

Alors ces propriétaires, que l'on devrait logiquement  chercher à rassurer, vont  à l'inverse systématiquement subir une véritable entreprise de "terrorisation" (oui je sais c'est un néologisme): l'irresponsabilité du locataire va systématiquement être favorisée pendant que la responsabilité du propriétaire sera symétriquement exacerbée. Durant ces dernières années toutes les évolutions réglementaires ont visé à protéger le locataire, durant l'avant contrat (limitation des documents accessibles aux propriétaires, impossibilité du dépôt de garantie lors de la réservation), dans les clauses mêmes du contrat (dépôt de garantie limité à un mois contre deux précédemment, fourniture de certificats coûteux à l'utilité douteuse) et dans les modalités même de l'exécution de l'après contrat.(difficulté à obtenir l'exécution des jugements par les services d'ordre, mesures tatillonnes empêchant pratiquement la poursuite des débiteurs).

La sur-protection du locataire va d'ailleurs parfois à son encontre: l'impossibilité, par exemple, pour un étudiant étranger solvable de verser à son propiétaire plus d'un mois de loyer d'avance alors que ses parents proposent de payer d'avance un an de loyer, l'oblige à respecter les règles communes: gagner en CDI, hors période d'essai, 3 fois le montant du loyer ou présenter un garant muni de papiers justifiant de revenus suffisants et pérennes. Imaginez la difficulté pour un non européen.

Dans le même temps la loi fiscale de 2008 supprimait l'amortissement général de 14%, afin de réduire encore la marge de sécurité des bailleurs et les obliger à toujours plus de circonspection dans le choix des postulants locataires.

Dans le doute abstiens-toi dit l'adage: c'est ce que firent les bailleurs et leurs mandataires.

Toujours plus de règles, toujours moins de candidats bailleurs. Mieux protégés mais toujours à la porte, les candidats locataires désespèrent: État providence que ta sollicitude m'est donc pesante!

Fin de la phase 1.

Jipéelle



Phase 2 prochainement sur le blog LE ROI EST NU

Par jipéelle - Publié dans : billet d'humeur - Communauté : Réformer la France
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 11:51

Faute du patron, faute de l'entreprise, faute de l'encadrement, de la DRH, des écoles de formations des managers: que de bonnes âmes pour dénoncer les responsabilités de l'entreprise!: syndicalistes, inspecteurs du travail, médecins du travail, avocats spécialisés, journalistes, hommes politiques, tous  déversent à longueur d'émissions leurs bonnes paroles et leurs analyses convenues sur ce système capitaliste paroxystique dont la seule finalité serait de broyer ses salariés, afin de réduire les effectifs et dégager plus de profit.

Qu'en pense 'LE ROI EST NU"?
Ces malheureux événements procèdent d'un système qui dépasse le niveau propre de l'entreprise: c'est au niveau de la gouvernance économique et politique du pays et même de l'europe qu'il faut étudier le processus.
Dans nos vieux pays à croissance structurellement faible l'activité est soutenue par la "norme". Le changement incessant des normes et des réglementations, toujours dans le sens d'un renforcement des standards et des contraintes, permet aux états d'entretenir une certaine dynamique, politiquement toujours très correcte parce qu'elle s'appuie sur des associations, groupes de pression et lobbies qui mettent en avant la sécurité, la dignité, l'écologie, bref le mieux vivre.

Aux entreprises de s'adapter, "l'intendance suivra", avec bien entendu une date précise et proche à respecter, des sanctions en cas de non respect, la mise en responsabilité de l'entreprise et de ses dirigeants, voire de ses cadres intermédiaires, subalternes et même de ses agents d'exécution.
Alors l'entreprise s'adapte, pour la date définie: cette nouvelle réglementation crée un mouvement de réorganisation dans les services, de nouveaux coûts qu'il faut bien compenser par des amélioration de structure, de productivité, voire par des réductions d'effectif.

Le stress s'entretient ainsi, attisé par les structures de contrôle professionnelles et sociales. Le pauvre salarié (employé, cadre ou dirigeant) qui venait de s'adapter au précédent choc, qui s'était convaincu que son récent effort d'adaptation allait enfin assurer la sécurité légitime de la société doit tout remettre en question, ... et surtout lui-même.
Toujours plus angoissé, toujours plus précarisé dans ses pratiques il doit de plus subir en "prime", comme consommateur, l'augmentation des prix et de la tva qui ne manque pas de résulter de ces nouvelles règles, au niveau des produits et services qu'il achète.

Souvent ces nouvelles normes sont d'ailleurs impossibles à respecter: on se rappelle le recul récent sur la date de réfection des ascenseurs. Notre société n'avait tout bonnement pas les moyens de se payer ces améliorations, ou tout au moins pas dans le délai imparti: En attendant les dégâts collatéraux sont réels, dénoncés par les bonnes âmes qui hypocritement profitent du système dans leurs administrations, leurs cabinets, ou leurs confortables résidences de retraite. Le système entier est une noria sans fin: les nouveaux évènements tragiques engendrés ne manqueront pas en effet d'être invoqués pour "en remettre une couche" de réglementation, le plus souvent dans la précipitation: "Le gouvernement se devait de réagir": qui n'a pas entendu cette phrase?

Les agents économiques aspirent à une pause: préférons le bonheur proposé pour aprés-demain à celui imposé pour tout de suite.

Soulagées d'être moins heureuses mais encore en vie, les victimes épargnées vous remercient d'avance!

jipéelle


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